Rêves de lait
MAI 2010Exposition RÊVES DE LAIT d'Isabelle ROZENBAUM
Sur une proposition de la Milk Factory

Exposition 11 mai-25 juillet 2010
Galerie Déborah Zafman
3/5 passage des Gravilliers, Paris 3e (accès 10, rue Chapon)
500 photos et une vidéo projetées sur 4 écrans !
Texte de Caroline HOCTAN // Illustration sonore de Juan CLEMENTE
Les paysages diffèrent comme le temps, les pays diffèrent de notre univers, des rêves de paysages nous viennent, d'autres contrées nous appellent, des couleurs vives éclatent sous des chaleurs tropicales, des moments épars dans le temps, on se demande si cela existe, la nuit ou le jour, si on a rêvé ou si c'était vrai, en se réveillant, on se remémore les parfums, des paysages pris entre le sable et la mer, entre le ciel et la terre, on se souvient avoir vu d'étranges animaux qui attendaient, dans une scène biblique, qui annonçaient quelque chose, presque divin, néanmoins humain, dans la pénombre ou sous l'éclat du soleil, dans des bergeries froides, dans des étables chaudes, recouvert par l'odeur âcre de la sueur, de l'urine et de la paille humide, on se demande si c'était là-bas ou ici, plutôt là-bas, à moins de l'avoir rêvé, tout paraissait pourtant si vrai, pourtant si réel bien qu'on ne sache plus vraiment, les images sont vaporeuses, lointaines comme jetées dans le vent, entre les mains argileuses des hommes, entres les mains douces des femmes, sur des tables renversées, ou bien sur des étals alignés, peints en bleu, jaune ou rose, ou peinturlurés selon les endroits, dans de petites rues ou sur des places de marchés, entre des murs de chaux et de briques, sans que personne ne puisse l'imaginer, les couleurs sont souvent délavées et épaisses, dans les rues désertes, parmi les commerces aux rideaux coulissants, les photos s'échinent à montrer et des mots à exprimer, quelque chose d'autre, sorti du sommeil comme une soif, un désir, sentir couler sur la peau une fraîcheur surgie de nulle part, qui refléterait tous les paysages, ceux qui diffèrent et ceux qui se ressemblent, qui retiendrait ces moments paisibles, ces pauses dans les journées ardentes, une fraîcheur étrange, à la fois tiède, veloutée et pure, une fraîcheur chimérique, que l'on croirait encore rêver, une blancheur pâle mais consistante sans autre couleur ni autre matière que celle d'un lait égaré et à jamais retrouvé.


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